vous considère comme un saint, qui portera votre cause à Rome ?
Pour l’Italie du XIIe, François d’Assise était un saint, bien avant qu’il ne décède et que le pape ne le canonise. Saint Joseph-Benoît Labre a été canonisé par le peuple de Rome dès le jour de sa mort – ce qui veut dire que le peuple romain avait reconnu en lui, de son vivant, un authentique ami de Jésus-Christ. Et qui soutiendra que la sainteté de Thérèse de Lisieux n’a pas éclaté bien avant qu’elle n’ « entre dans la Vie », selon ses propres termes ? Sa supérieure lui aurait-elle demandé sans cela d’écrire son autobiographie ?
Si Germaine remplit la première condition, en revanche elle ne coche pas la case de la seconde. Non, elle n’a pas été reconnue comme une sainte par ses contemporains ! Comment l’Église est-elle parvenue alors à la canoniser ? Tout simplement parce que Dieu s’est chargé en personne de mener à bien le processus qui la hisserait sur les autels ! Première originalité de notre pastourelle. Comment s’y est-Il pris pour cela ?
Germaine meurt, isolée et délaissée de tous, en 1601. Elle est enterrée à l’intérieur de l’église paroissiale de Pibrac. Quarante ans après son décès, on décide de porter en terre une autre personne à la même place. À cette fin, on creuse à l’endroit où notre sainte repose. Et que découvre le fossoyeur ? Le corps intact d’une personne ! Mais de qui ?
Les plus anciens habitants de Pibrac, susceptibles d’avoir connu cette inconnue, tentent de se souvenir. Mais oui, c’était la petite souffreteuse de la ferme située à l’orée de la forêt de Bouconne ! Germaine Cousin ! La souffre-douleur de sa marâtre ! Les langues se délient. Un corps intact ! Pourquoi un tel prodige ? Et si par hasard la petite bergère était une… sainte ?
Je vous fais grâce des autres péripéties qui conduiront à la