Tout est modeste dans son existence :
Sa propre vie,
Celle de sa famille, le village où elle habite,
Tout est fragile en elle :
Sa santé, son handicap
Tout est difficile pour elle :
Les humiliations, les mauvais traitements que lui fait subir sa marâtre,
Les conditions de vie inhumaines et insalubres au fond d’un appentis.
Elle mourra toute seule à 22 ans et on l’oubliera pendant 43 ans.
Et pourtant au cœur de cette misère
-elle donne aux pauvres le peu de pain qu’elle a pour manger,
-elle n’a rien du tout, mais avec ce rien du tout elle fait beaucoup pour les autres, afin de les rendre heureux
Sa richesse c’est le Bon Dieu et Sa sainte Mère.
Elle les trouve
dans l’eucharistie quotidienne,
dans le chapelet, qui était comme son seul livre,
dans la prière qui devient pour elle sa véritable langue maternelle.
Dans cette vallée de larmes qu’elle traverse, Germaine continue d’avancer, fidèle et confiante.
Si quelqu’un eût sujet à se plaindre en toute légitimité, c’était bien elle !
Au contraire elle accepte cette situation tragique qui lui est faite,
elle pria même qu’on la laisse dans le lieu obscur où l’avait confinée sa marâtre.
Elle offrait à Dieu sa misère et ses infirmités comme moyens de salut.
Elle fut cette jeune fille qui considère ce qui lui arrive comme étant ce que Dieu lui choisit :
comme lieu de combat pour la vie et
comme entraînement à se détacher de trop de sécurité et de confort
qui risquent de boucher les horizons de la liberté et de la foi.
Germaine vit dans son corps la passion même du Christ,
elle revit les mauvais traitements infligés à Jésus.
Bien qu’elle ne sache pas lire, elle vivait intensément ces paroles de Paul que nous avons entendu dans l’épître aux Galates :